Londres, ma belle
Londres, ma belle.
Ton art de vivre délicieusement désuet. J’aime quand tu es kitsch sans t’excuser, vivante sans effort. J’aime tes secrets trop bien gardés, tes dorures abîmées, tes fauteuils usés, tes papiers peints trop chargés. J’aime quand rien n’est à la mode mais sublime quand même. Comme si ça traversait le temps, un peu comme les mugs de la famille royale accumulés au fil des ans et des naissances princières.

Je t’aime parce que tu es stricte et décadente à la fois, élégante et excentrique, tes traditions figées et ta liberté totale. On s’est connu sous la pluie, sous le soleil, dans des théâtres à West End, le samedi à Porto Bello, on a marché à Marble Arch, rêvé à Savile Row, chanté certains soirs au Royal Albert Hall.
On a bu des pintes au Princess Louise, dîner au Sketch, descendu les avenues à la nuit tombée au milieu des phares des black cabs. On a regardé longtemps les pelouses de Kensington Square, en se disant qu’on reviendrait vite...

Et puis, surtout, ce que j’aime chez toi, c’est que peu importe l’époque et l’endroit, il y aura toujours de la place pour un petit motif fleuri rose.






