Une enfance à Blonville
Habiter en vacances.
J’ai toujours dit ça « j’habite en vacances ».
La mer pour seul refuge. Par temps ensoleillé et sous la tempête. Hier j’ai lu un livre à Lizon qui disait que la mer ça changeait tout le temps, comme nos émotions, comme ce qu’on vit.

Toute ma vie a défilé sur cette plage sans même que je m’en rende vraiment compte. Les retrouvailles avec les filles devant la cabine 27, les soirées d’été qui traînent tard, ma cousine, ma grand-mère surtout, mes sœurs. Celles qui sont devenues mes sœurs. Les glaces à 16h pile. J’y ai des photos de moi petite, ado, enceinte, maman. Des photos de tous mes chiens aussi. Comme le panorama de ma vie.
Ici on a pêché des crevettes avec les Julo, enterré des trésors, escaladé les rochers, apprivoisé des méduses. J’ai dîné tard le soir au coucher du soleil en tête à tête avec mamie et c’était si bien ces années là.

Je passe le flambeau sans l’avoir vu venir. Maintenant ce sont mes enfants qui courent sur cette plage par tous les temps. À tous les âges ou presque. Chaque week-end ou presque. Maintenant ils ont une cabine de plage et y vont avec ma mère. Je sais ce qu’ils ressentent, je sais aussi qu’il n’y aura rien de mieux sur terre que de vivre ça. Ramener des coquillages pour les peindre, s’arrêter manger une glace et escalader les rochers. Loin du tumulte et des touristes sur cette plage désuète si chère à mon cœur.
Y aura rien de mieux, rien de mieux après.












